Entre les étoiles rouges et les étoiles vertes, je ne sais pas si vos chères étoiles sont durables, ni si elles vont durer, mais je sais ce que j’endure pour contribuer à les faire briller ou tenter de vous les faire décrocher.

Moi, comme beaucoup de producteurs, éleveurs, artisans, pêcheurs, vignerons, comme toutes celles et tous ceux qui passons nos journées sous le soleil brûlant des après-midi fiévreux ou au cœur des vents glacés aux élans tempétueux, n’avons pour seule étoile pour nous guider, que celle du Berger.

Non pas que ce soit un souci, notre vie nous l’avons choisie.
Notre métier c’est notre passion et c’est, comme vous, avec la rage et le cœur, dans le doute et la sueur, que nous l’exerçons.

Pourtant aujourd’hui, il y tant de choses auxquelles nous n’avons pas consenties.

Dans ce monde tout de strass et d’étoiles, rares sont ceux qui s’imprègnent véritablement des saisonnalités pour cuisiner et ce ne sont souvent pas ceux qui en parlent le mieux qui sont les plus vertueux.

Devant les façades multi-étoilées ornées de voitures luxueuses parfaitement garées, on marchande en arrière-boutique son kilo de radis comme à un vendeur de tapis et puis on met trois, voire quatre mois à le payer, parce qu’on a oublié.

Je ne parle pas de ceux qui commandent une fois tous les deux mois, deux carottes et trois petits pois et qui apposent nos noms sur leur carte, afin que personne n’ignore qu’ils ont le respect du petit producteur chevillé au corps.

Tous ceux-là ne travaillent déjà plus avec moi. 
Mes chefs je les choisis, parce qu’ils ont l’humain comme souci.

Sur la piste aux étoiles, il faudra pourtant bien lever le voile, car il ne faudrait pas que votre appétit des astres affame ceux qui vous nourrissent.

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Article Atabula