Alors que le jour se relève, au petit matin qui respire, c’est moi qui chavire.
Aujourd’hui, la maison prend l’eau, mes champs sont sous l’eau et j’ai tellement de rage que je n’ai plus de mots.

Mes terres pleurent, elles pleurent ses enfants inondés, elles pleurent d’une soif étanchée qui les a noyées, elles pleurent le début de la la faim du monde : quand ce qui nous nourrit succombe.

Elles pleurent et je n’ose pleurer avec elles, de peur de rajouter dans la panique au surplus hydrique.

Pourtant, entre méandres et tempêtes, il faudra bien lever la tête.
Même si tout part à vau l’eau, se remettre à flots et au milieu des larmes, reprendre les armes.
À ravaler sa peine, un jour, la lutte ne sera plus vaine.